Vélo en France : une pratique en hausse
Malgré des conditions météorologiques défavorables en 2024, l’engouement pour le vélo continue de grandir en France.
Selon les données de la Plateforme nationale des fréquentations (PNF), l’usage du vélo a augmenté de 2 % sur l’année, avec une dynamique particulièrement marquée dans les grandes agglomérations (+3 %). À l’inverse, les territoires ruraux et intermédiaires enregistrent un recul, respectivement de 3 % et de 2 %. Le réseau Vélo et marche, qui anime cette plateforme, souligne que l’année 2024 a été la moins ensoleillée depuis trois décennies, ce qui a pesé sur les habitudes des cyclistes.
Une progression sur le temps long
Bien que les résultats de 2024 puissent paraître mitigés, le progrès depuis 2019 est exceptionnel : l’usage du vélo a connu une hausse spectaculaire de 40 % en seulement cinq ans. La hausse atteint 45 % dans les grandes villes, où la pratique se maintient de manière régulière toute l’année. En zones intermédiaires, elle progresse de 19 %, tandis que les communes rurales affichent +17 %, avec toutefois une forte saisonnalité. L’été reste la période de pointe : en août, la fréquentation est 2,5 fois supérieure à la moyenne journalière, alors qu’elle chute à un quart de ce niveau en décembre et janvier. En ville, les trajets sont majoritairement liés aux déplacements de semaine, tandis qu’à la campagne, le vélo se pratique davantage le dimanche.
Des ambitions nationales encore fragiles
Ces tendances confirment l’importance du vélo comme mode de transport du quotidien. Pourtant, le soutien public reste en deçà des objectifs affichés. Le gouvernement vise 100 000 km de pistes cyclables d’ici 2030 et 150 000 km en 2035.
Néanmoins, la conférence Ambition France Transport ne met qu’un accent limité sur cette initiative, malgré un soutien financier de 50 millions d’euros par le Fonds vert. Le réseau Vélo et marche estime que ce montant est largement trop faible et souligne qu’il est inférieur aux promesses faites lors du comité interministériel de mai 2023.
Un an après le lancement du Plan vélo et marche pluriannuel 2023-2027, le manque de clarté sur les financements et les incertitudes autour des programmes CEE freinent la dynamique d’investissement des collectivités. L’association rappelle pourtant que ces dépenses, si elles représentent un effort budgétaire, restent bien inférieures aux coûts liés à l’automobile ou aux transports collectifs. Selon ses estimations, chaque euro investi dans le vélo génère entre 4 et 5 euros de bénéfices, et chaque kilomètre parcouru permet d’économiser environ un euro en coûts sociaux.